Biographie de l'abbé Filetez
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Monsieur Charles Marie d'ORIMONT DE FELETZ

Né le 3 janvier 1767 au village de Gumond à Saint-PANTALEON. Gumond était sur le duché de Noailles, qui faisait d'abord partie de la viconté de Turenne et voisin de Mansac où se trouvaient les châteaux du Seuil et de Renaudet (M. de Rauchiat). Tout autour étaient des terres d'église : La Chapelle, membre d'Uzerche : le Roc, prévôté de St Martial
Il est issu d'une famille installée depuis longtemps en Limousin et Périgord, avec d'illustres ancêtres. Il pouvait s'enorgueillir d'avoir eu des chevaliers aux croisades et de compter des évêques et plusieurs officiers généraux illustres dans les services de la Marine. Notre compatriote était le cadet d'une fratrie de trois garçons, dont les deux aînés embrassèrent la carrière des armes.

Par sa naissance, par sa première éducation en pleines terres d'Eglise, il semblait tout naturellement destiné dès son jeune âge à l'état ecclésiastique : et, par ses relations de famille et de voisinage, a être toute sa vie un royaliste convaincu, mais libéral, ne reniant aucune des gloires de l'ancienne France, acceptant loyalement les conquêtes de la France nouvelle.
Il a été contemporain de plusieurs régimes politiques : la Royauté, la Révolution de 1789, le Directoire, l'Empire, la Restauration, la Révolution de 1848 et la seconde République. Il débuta ses études au collège des Doctrinaires à BRIVE puis chez les Doctrinaires de PERIGUEUX où il fut initié à la philosophie. Il fit trois années de théologie au collège Sainte BARBE à PARIS et une seconde année de philosophie au collège PLESSIS. Dans le même temps, il devenait maître de conférences et fréquentait les salons où il apprit l'art de la discussion mondaine au contact de célébrités comme le Duc de Montmorency et Mr de Chateaubriand. La révolution a été pour lui une période très difficile. En effet le 8 juin 1791, la communauté de Sainte Barbe avait refusé le serment à la constitution civile du clergé ; Filetez se retira en province où il reçut en secret l'ordination des mains d'un évêque insermenté et proscrit. Celui lui valu d'être arrêté en 1793 puis condamné à la déportation. Il fut envoyé dans les cachots de Rochefort puis en mars 1794, il fut jeté avec plus de 800 prêtres sur les pontons du Washington où 11 mois durant il souffrit un épouvantable martyr. Sa foi lui donnant le courage nécessaire, il fit face à de terribles épreuves, telles la promiscuité, le manque de nourriture, les intempéries qui provoquaient d'effroyables maladies.
Enfin, après un long séjour dans la prison de Saintes, il fut recueilli par une dame Laguarrigue. Là, il se remit de ses souffrances puis se retira chez ses parents à PERIGUEUX. Il écrivit son premier article qu'il envoya en cachette au rédacteur d'un journal modéré. Puis il se remit à l'étude des auteurs anciens et classiques du temps de Louis XIV.
A cette période, il se tint à l'écart de la politique.

En 1801, le jeune abbé entame une carrière de critique littéraire qui durera 30 ans, "au journal des Débats". C'est à partir de ce moment là qu'il devint célèbre sous le pseudonyme de la lettre A. Il se fit remarquer par un style élégant et pur, une manière de plaisanter spirituelle, fine et toujours de bon goût. Les années passant, le journal des débats devint journal de l'Empire et dut donner plus d'importance à la partie littéraire qu'à la politique.
C'est à cette époque que FELETZ fut nommé conservateur de la bibliothèque MAZARINE, poste dont il se vit destituer par le Ministre CARNOT lors de la première Restauration. En 1824 CHATEAUBRIAND lui proposa d'entrer à l'Académie ce qu'il fit seulement le 17 avril 1827. Quelques temps après, cédant aux sollicitations de ses amis, il consentit à la publication de certains de ses articles sous le titre : "Mélange de philosophie, d'histoire et de littérature". Jusqu'en 1840 ont paru 7 volumes qui ne constituent qu'une partie de l'œuvre de Feletz.

Malgré 40 années passées à Paris, il n'en restait pas moins Limousin. Durant les 12 dernières années de sa vie, devenu presque aveugle, il prolongeait le plus possible ses séjours à Gumont. Là, il se distrayait en fréquentant les salons de Mme et Mr De Lavarde et de Bouchiat. Depuis 1830 il n'écrivait plus pour le public mais ses proches appréciaient encore son esprit encore jeune, riche d'anecdotes et de souvenirs. Après un mois de cruelles souffrances, il mourut le 11 février 1850 à l'âge de 83 ans.